En 1883, la jeune et talentueuse sculptrice Camille Claudel, âgée de 19 ans, devient l’élève et la muse du sculpteur Auguste Rodin. Elle partage son atelier, participe activement à de nombreuses œuvres du maître et entretient avec lui une relation artistique et amoureuse passionnée et tumultueuse durant une quinzaine d’années. Cet amour impossible, ainsi que son internement psychiatrique en 1913, la murant dans un silence total, contribuent à sa célébrité. Elle sort de l’oubli à la fin du 20ème siècle, notamment grâce au succès du film Camille Claudel, en 1988, avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu.

La Valse est une petite sculpture, haute de 46 centimètres, réalisée plusieurs fois en plâtre puis en bronze et conservée entre autres au musée Rodin, à Paris.

 L’œuvre d’origine en plâtre représente un couple de danseurs de valse nus, amoureusement et érotiquement enlacés dans leur passion, entraînés par leur élan dans un tourbillon représenté par le mouvement du drapé, la danseuse est suspendue à son cavalier, à la limite du point de rupture de son équilibre. Lorsque l’oeuvre est présentée, elle choque à cause de la nudité des personnages, de la violence crue de la réalité. Camille reprend donc sa création dont elle drape la danseuse à mi-corps, pour une version sensuelle moins érotique. En 1893, elle expose une nouvelle version en plâtre au salon de peinture et de sculpture de la société nationale des beaux-arts. En 1905 une version à nouveau modifiée en 1901, est éditée en de nombreux exemplaires en bronze par le fondeur et marchand d’art Eugène Blot. L’oeuvre est maintenant considérée comme un des plus grands chefs-d’oeuvre de l’Art nouveau.

La valseuse, plus qu’une simple valeur esthétique, porte en elle l’expression d’une sensibilité, d’un amour intense entre deux êtres perdus dans un monde à part que l’on regarde de l’extérieur, un monde où le rythme, la musique, sont symbolisés avec force. Une sensibilité évidente par cette main que l’on ne prend pas mais que l’on effleure, par la position un peu torsadée de la danseuse autour de son partenaire qui lui assure l’assise nécessaire à ce basculement en arrière ou encore par l’enlacement des deux têtes qui achève de marquer l’union des corps dans un même moment de communion et d’émotion intenses.

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