Du polychlorure de vinyle, au Mp3.

Vous souvenez-vous du premier album/single que vous avez acheté ? Votre réponse en dira long sur votre génération.

Plus que de simples supports de diffusion de la musique, les disques, CD, vinyles, ou encore le Mp3, sont le reflet de nos vies et de l’époque qui l’a vu naître.

C’est la technologie qui dicte les styles et non l’inverse.

La naissance du support musical

L’événement fondateur ? La naissance du phonographe en 1877. Grande bataille entre les Etats-Unis et la France pour s’octroyer l’invention de celui-ci. En tout cas, c’est bien le français Charles Cros qui imagine un moyen d’enregistrer la musique sur un disque. Pas de chance l’invention est breveté par Thomas Edison, ce  qui permet sa commercialisation. On parle à l’époque d’un disque 78 tours qui peut contenir 3 minutes de son par face, cependant sa qualité reste très médiocre.

2 ème étape, un support plus populaire.

RCA Victor, démocratise le 45 tour, plus petit, plus adapté, plus facile, le disque peut contenir un morceau par face. C’est le début des Tub, nous sommes dans les années 50. A moins de 1$ le disque, la diffusion musicale devient massive et internationale. C’est la démocratisation du disque.

En pleine révolution de Rock N’Roll, des artistes émergent, Elvis Presley devient une star mondiale. On parle d’une diffusion mondiale par le disque mais pas encore de tournée, les concerts étant rares à cette époque.

En France, c’est Johnny Halliday ou encore les Chaussettes Noires (Eddy Mitchell) qui deviennent populaires.

Le 33 tour, et les premiers albums.

La vitesse de rotation du vinyle a pu être réduite à 33 ¹⁄₃ tours par minute, on le dit « long play » (LP) : jusqu'à 23 minutes par face. Des artistes, tel-que Franck Sinatra, ont plus de place pour s’exprimer plus longuement. C’est d’ailleurs à lui que l’on doit le concept d’album. Il n’est plus réduit à créer un tub, une chanson peut traiter d’un sujet, les pistes se suivent avec plus ou moins de cohérence. En France, Serge Gainsbourg suit cette révolution avec l’album « Histoire de Melody Nelson ».Une aubaine aussi pour les jazzmen, la durée allongée laisse plus de place à l’expression des musiciens, à l’image de « Kind Of Blues » de Miles Davis, avec les premiers solos instrumentaux.

Le format musical, fait émergé de nouveaux talents, de nouvelle manière d’aborder la musique.

L’augmentation de la durée d’enregistrement, modifie aussi le format des singles, qui était avant de 2-3 minutes. Maintenant il est possible d’ajouter de fond au morceau, loin des paroles naïves des anciens tubs.

Biiim ! En 1965, un poète-musicien émerge, avec son tub de 6’05 minutes « Like a Rolling Stones », monsieur Bob Dylan.

En pleine guerre du Vietnam, c’est l’émergence de nouveaux talents qui ont des choses à dire.

Une nouvelle révolution, la cassette.

Alors que les évolutions de format tendent à rendre le son de meilleure qualité. La cassette débarque, le son est de moins bonne qualité mais le concept est là, celui de pouvoir réaliser ses enregistrements sois même.

La cassette permet d’enregistrer ses vinyles sur le support, de pouvoir ensuite partager sa musique, faire des mixtapes, ses propres albums.

Et quelle plus belle preuve d’amour que d’offrir une mixtape à quelqu’un ?

Gratefull Dead, le groupe de la cassette.

Meilleur sur scène que sur leurs albums (peut-être à cause/grâce aux psychotropes ?), Gratefull Dead devient le groupe le plus enregistrer sur scène. Le nombre de personnes qui viennent avec leur enregistreur est tellement impressionnant que le groupe leur réserve un espace pendant leur concert. Une fois le concert capté, il est enregistré sur une cassette. C’est ainsi que le groupe devient un phénomène interplanétaire, une légende qui le doit au support cassette.

La cassette devient incontournable et populaire avec le walkman, la musique devient portative.

ET la Vidéo dans tout ça ?

En 1981, le monde de la musique est à jamais bouleversé. 1981 c’est la création de la chaîne télé, MTV.

Les premiers clips font leur apparition, les morceaux deviennent peut-être plus profonds, plus artistiques, mais surtout les clips rendant les artistes de vrai produits marketing. L’image devient essentielle à la musique. Et certains artistes s’emparent de ce phénomène en répondant à cette demande : David Bowie, et surtout Madonna.
Avant cette époque, on entendait la musique puis on la voyait, maintenant on voit la musique puis on l’écoute.

Le Compact Disc

Le CD fait son apparition dans les années 80, créé par  Philips et Sony Corporation avec comme concept celui de proposer une qualité musicale inédite. Il permet aussi une durée d’enregistrement beaucoup plus longue (60 minutes), Cette capacité aurait été choisie afin que la version la plus lente de la9e symphonie de Beethoven, tienne sur un seul disque.

Cependant cette longue durée fait que de nombreux albums sont constitué de morceaux de remplissages ( 1 tub, pour 17 autres morceaux pas vraiment intéressant).

 

Le CD mange le vinyle, tout le monde remplace sa collection de vieux disques par une nouvelle collection de CD. 

Le CD nouveau graal ?

Celui-ci ne fait pas l’unanimité, « Le CD c’est le 78 tour du numérique, le vinyle à ses imperfections, mais elles sont adaptées aux défauts de l’oreille humaine. » Jean-Michel Jarre.

La révolution du numérique.

En 1999, la musique est dématérialisée. La plateforme internet Napster est la première à proposer le téléchargement illégal.

Le codage se fait par le format MP3. Celui-ci ramène d’ailleurs à la culture du single. Au lieu d’acheter un album, on télécharge une multitude de morceaux. Apple renforce cette révolution avec Itunes qui propose d’acheter un morceau pour moins de 1$.

Alors que l’enjeux était auparavant que le rendu de la musique soit de meilleure qualité, plus finit, le mouvement est dorénavant totalement inverse. La tendance est à la quantité au lieu de la qualité.

De nombreux artistes ont émergé en s’appropriant les moyens de diffusion de la musique, de Franck Sinatra à Beyoncé.

L’heure est à la surconsommation de la musique à moindre prix, au point d’être saturé d’informations. Cependant on note un réel retour à la musique physique à l’image de l’industrie de vinyle qui repart pour un tour.

Dans tous les cas, même si trop de musique tue la musique, vous aurez forcément votre « top 10 albums », ou un morceau qui vous ramènera à une époque, un souvenir, une émotion ….

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