Santé Publique France (ndlr : établissement public sous tutelle du Ministère des Affaires sociales et de la Santé), en partenariat avec des associations de lutte conte le SIDA, a choisi l’agence Australie pour sa nouvelle campagne de prévention intitulée Sexosafe.

Une campagne d'affichage nationale appuyée par le digital

Composée de 8 000 affiches diffusées dans 13 villes françaises via le réseau JCDecaux, d'encarts dans la presse nationale et régionale, d’un site internet et de comptes dédiés sur les réseaux sociaux, cette campagne s’adresse tout particulièrement aux hommes homosexuels :

Sur 10 personnes qui découvrent leur séropositivité chaque année, 4 à 5 sont des HSH (ndlr : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Soit 40 à 50% alors que la population des HSH sexuellement actifs est estimée à 1,5 % de la population générale.Sexosafe

Un message polysémique

Cette campagne délivre plusieurs messages :

Tout d'abord, un couple d'hommes est un couple comme un autre. Les visuels mettent en scène des instants de tendresse, de sensualité, de séduction, de complicité... Des moments simples de vie à deux.

De la même façon qu'un couple homosexuel est un couple comme un autre, un homme homosexuel est un homme comme un autre. Il est libre de vivre sa sexualité comme il l'entend, comme n'importe qui. Il peut se réserver jusqu'au mariage ou enchaîner les coups d'un soir, être fidèle... ou pas.

Enfin, pour confirmer le positionnement "gay-friendly" de cette campagne, on notera le choix d'utilisation des couleurs. En effet, à chaque photographie correspond un filtre coloré ce qui rappelle l'emblème de la communauté LGBT à savoir le fameux drapeau arc-en-ciel.

Mais le message essentiel de cette campagne, c'est que toute relation sexuelle entre hommes doit être protégée, quelle que soit la situation des partenaires.

Pour résumer, les valeurs de cette campagne sont l'amour, la liberté, la sécurité et la santé.

Polémique chez les politiques

Bien que les visuels de la campagne restent relativement soft, Sexosafe a déjà fait couler beaucoup d'encre. Ainsi, les réactions de la sphère politique au lendemain de la Manif Pour Tous ne se sont pas faites attendre :

17 novembre

Louis Ronssin, militant Manif pour Tous, censure une affiche Sexosafe. Il est félicité par Christine Boutin.

18 novembre

La Manif pour Tous s'empare du sujet en invoquant le respect et la pudeur des enfants.

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, prend la défense de Sexosafe en relançant le hashtag #loveislove.

Jean-Frédéric Poisson, président du parti chrétien-démocrate, lance une pétition pour le retrait de cette campagne qu'il juge "indécente et homophobe".

21 novembre

Un dizaine d'élus Les Républicains, dont les maires d'Angers et d'Aulnay-sous-Bois, prennent des arrêtés municipaux pour interdire ces affiches à proximité des écoles pour "ne pas exposer un jeune public à un message qu'il ne peut pas comprendre". Ils accusent la campagne de porter "atteinte à la dignité au risque de heurter la sensibilité de l'enfance et de la jeunesse".

22 novembre

L'association Juristes Pour l'Enfance porte plainte auprès du Jury de Déontologie Publicitaire pour incitation, promotion et banalisation d'un comportement à risques.

Marisol Touraine saisit la justice pour contester ce qu'elle qualifie de "censure".

Une campagne réussie ?

L'objectif avoué de la campagne Sexosafe étant de toucher le plus grand nombre, on peut dire que c'est une véritable réussite. En effet, la polémique a largement contribué à diffuser le message !

Sexosafe, la campagne de prévention qui choque Les Républicains

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