Archives de catégorie : Auteurs africains

Icône, plume de caractère : découvrez Chimamanda Ngozi Adichie

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Americanah est la raison pour laquelle je suis passionnée de littérature étrangère. Cette œuvre est la raison pour laquelle je prône, clame et soutiendrai toujours qu’il est nécessaire, essentiel, vital de parcourir un roman écrit par un auteur étranger. Americanah témoigne de l’urgence qu’il y a à jeter un œil par-dessus nos frontières. Par-dessus nos repères et nos évidences.

AMERICANAH, SON OEUVRE SOLAIRE

Americanah c’est l’histoire d’une jeune nigériane nommée Ifemelu qui est amenée à se confronter à un nouveau monde : L’Amérique. Ce qui est brillant dans cette œuvre ? La simplicité, l’humilité et la lucidité du style de Chimamanda Ngozi Adichie. Elle n’en fait jamais trop. Le choc des cultures n’est pas dramatique, il n’est ni enjolivée ni diabolisé. Dans l’œuvre de Chimamanda Ngozi Adichie je suis tombée littéralement amoureuse d’une chose : Ifemelu, le personnage principal. Elle est le comble pour un personnage de roman : vrai. A tel point que j’ai pensé à de nombreuses reprises que le personnage avait bel et bien existé, il faut dire que l’histoire se rapproche de celle de Chimamanda Ngozi Adichie elle même… Chimamanda Ngozi Adichie a fait le choix de ne dépeindre Ifemelu ni comme étant le stéréotype de l’africaine terrifiée par le monde occidentale,  ni emplie d’une haine excessive Pro Black Power. Le talent de l’auteur est d’avoir pensé le personnage de Ifemelu comme constitué d’un combo parfaitement dosé de tout cela à la fois.

QUI EST-ELLE ?

Née dans la ville d’Enegu au Nigéria, elle quitte sa terre natale à l’âge de 19 ans pour les Etats-Unis. Son parcours ? Brillant. Après avoir étudié à l’Université de Drexel de Philadelphie en Pennsylvanie, Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut University afin de vivre plus près de sa grande sœur, qui exerçait la médecine à Coventry. Cette partie de sa vie est assez significatif dans Americanah, à tel point que j’ai souvent cru qu’Ifemelu et elle n’étaient qu’une seule et même personne. Elle poursuit à Coventry ses études en communication et en sciences politiques. En 2001, elle obtient son diplôme universitaire avec une mention honorifique. Elle achève ensuite un master en création littéraire à l’université de Baltimore en 2003. Elle obtient un une maîtrise de l’art d’études africaines à l’université de Yale en 2008. Rien qu’ça ! Son premier roman, l’Hibiscus Pourpre (Purple Hibiscus), roman d’initiation où un frère et une sœur finissent par retrouver leur voix, publié en 2003 est très bien accueilli par la critique, et sera proclamé Meilleur premier livre du prix littéraire Commonwealth writersPrice en 2005.

 

LE PETIT + DE LA RÉPLIQUE !

Le grand public la connaît pour son intervention dans le dernier album de (l’immense et époustouflante) Beyoncé en 2013 sur le titre Flawless dans lequel une partie de son discours We should all be feminists (« Nous devrions tous être des féministes », discours traduit en français sous le titre « Nous sommes tous des féministes »), a été prononcé pour une conférenceTEDx en décembre 2012. Elle avait donné un autre discours TED auparavant, discours mis en ligne en 2009 et intitulé The danger of a single story (« Le danger d’une histoire unique »). Un discours poignant par la simplicité qu’a Chimamanda Ngozi Adichie à dénoncer les injustices douloureusement ancrées dans nos sociétés. A écouter, écouter, écouter et re-re écouter.

Léonara Miano, authentique

Alors que la question de l'identité n’a jamais été plus abordée en France, dans un climat  où le discours xénophobe gronde et prévaut au sein de la sphère politique, l'auteur Leonora Miano joue de sa plume et couche ses inquiétudes et sa colère sur le papier.

«Depuis 2007, la France n’est plus le pays que j’ai connu en arrivant en 1991, ni celui que je peux me représenter. Un pays imparfait, certes, mais où l’on est curieux de l’autre, où la culture importe, de même qu’une certaine forme d’élégance. On a réussi à presque tout saccager en très peu de temps. On ne pourra pas faire comme si rien ne s’était passé, comme si on n’était pas descendus aussi bas dans la vulgarité, dans l’agressivité à l’égard de l’étranger ou de ceux qui représentent l’étranger.» (propos recueillis par le journal Slate.fr )

 

QUI EST-ELLE ?

 

Née à Douala au Cameroun, Prix Goncourt des lycéens en 2006 pour Contours du jour qui vient, elle reçoit le prix Femina il y a 3 ans pour la Saison de l'ombre. En 2010, son roman culte Blues pour Elise fait parler une France noire, urbaine et contemporaine. Début janvier, Leonora Miano publie un livre majeur: Ecrits pour la parole (L’Arche) ce texte fait parler de lui dans les milieux du théâtre, étrangement il n’a fait l’objet d’aucune critique dans la presse française.
Dans son dernier livre, Crépuscule du Tourment, Leonaro Miano décrypte les non-dits de la société française sur les questions raciales.

Relevant au passage une production littéraire contemporaine qui «écrit encore une France toute blanche », elle brise le silence sur les clichés qui collent durablement à la peau des femmes en général, des femmes noires en particulier. Invitée de Patrick Cohen sur France Inter, elle s'exprime sur son huitième roman Crépuscule du Tourment chez Grasset. 4 voix de femmes africaines qui racontent tout simplement leur vie de femme, leur secret de famille, leur intimité. Ces femmes d’horizons divers dont elle est le porte parole, ne sont pas toutes africaines, elles sont aussi caribéennes, elles ressemblent à des femmes qu'elle a connu mais elles sont  surtout des "outils d’auscultation d'elle-même". Peintures tourmentées et sombre, portraits terribles de la bourgeoisie africaine contre laquelle elle s'insurge.

Son regard critique porte aussi sur la culture. Elle dénonce cette tendance, ce "comportement de colonisés" propre à cette bourgeoisie qui idolâtre, déifie, le modèle occidentale. Elle qui a refusé d'aller au lycée Français, mais qui a choisi de renoncer à la nationalité Camerounaise, lorsque l'on lui demande ce qu'est être Français, elle répond que c'est simplement vouloir participer au projet qu'est la France. 

"La vérité de mon identité c'est l'hybridité"

Même si l’auteur a bien conscience d’être perçue comme un écrivain en colère, elle n’a pas de haine, ni de revanche à prendre ni même de leçons à donner. «Si je peux travailler sur ces questions, c’est au contraire que je suis apaisée», affirme-t-elle dans le journal Le Monde