Téléthon du cinéma : Dans les chaussures d’un réalisateur

Téléthon du cinéma : Dans les chaussures d’un réalisateur

16 octobre 2017 - 17h

Impression de regarder mon fil d’actualité pour la millième fois de la journée. Rien de nouveau. Les mêmes actualités, en boucle, saturent mon feed.

Une minute… Qu’est-ce que c’est que ça ? Le téléthon du cinéma ? Je ne connais pas. En quoi ça consiste ?

« Réaliser un court-métrage en 3 jours pour le Téléthon »

Ok. Le principe est intéressant. Il semblerait que le concours existe depuis 2015. Mais plus précisément, il faut voir comment ça fonctionne. Alors, le concours se déroule du 9 au 12 novembre et est organisé par la BNP Paribas.

« Un jury de professionnels attribuera les prix du Meilleur Film, Meilleur Acteur, Meilleure Actrice et Prix Spécial Ecoles. Les 20 meilleurs films seront publiés sur le site web et la page facebook du Téléthon du Cinéma. Chaque « J’aime » se transformera automatiquement en don pour le Téléthon et le film ayant obtenu le plus de ‘j’aime’ obtiendra le Prix du Public. »

Le sujet est donné le jeudi 9 novembre au soir à 20h et le court-métrage terminé, doit être envoyé avant 20h le dimanche 12.

Trois jours tout pile, ils ne rigolaient pas. C’est court tout de même. Mais ça peut être drôle. C’est carte blanche les seules contraintes sont de respecter le thème donné et les valeurs du Téléthon évidemment.

Allez, pourquoi pas… Après tout, avec une bonne équipe il y a moyen d’y arriver et de bien rigoler au passage ! Je suis sûre que ça peut intéresser Alice et Capucine, elles qui aiment tant le cinéma.

 

16 octobre 2017 - 17h25

Message envoyé aux filles. Réponse : Elles sont partantes ! Super.

On commence à se renseigner sur les éditions précédentes. On regarde quelques court-métrage, le prix du public 2015. Il y a du niveau. Ok on a pas d’expérience particulière dans la réalisation de vidéos mais je suis persuadée qu’on ne sera pas les seules.

 

8 Novembre 2017- 9h 

Il est temps de s’inscrire. Plus de temps à perdre, il faut choisir un nom d’équipe. Faisons simple, et portons haut les couleurs de l’école. Nous serons donc « Les Sciencescomiens ». Plus qu’à remplir le formulaire d’inscription et hop c’est envoyé.

 

8 Novembre 2017- 12h48 

Mail : « Votre inscription de l'équipe Les Sciencescomiens au Téléthon du Cinéma 2017 a bien été enregistrée Nous reprendrons contact prochainement avec vous pour la suite du concours. Merci de votre participation et de votre aide à la cause du Téléthon.

Bonne chance pour le concours !

L'équipe du Téléthon du Cinéma »

 

10 Novembre 2017 – 20h 

Rendez-vous chez Alice pour un week-end qui s'annonce chargé. La pression monte mais cette fois c'est la bonne : les consignes et le sujet sont tombés. Il faut que la ligne de dialogue « On se fait une toile » soit entendue ou lisible dans la vidéo. Nous devons également respecter les règles d’un des six genres proposés. Comédie, drame, Policier, Road-Movie, Super Héro ou Science-Fiction. C'est parti ! 

Soirée brainstorming en perspective. Bon imaginons une histoire pour plusieurs genres. Commençons par ceux qui nous semble les plus difficiles à traiter. Et voyons ce qui nous inspire le plus.

Policier : Et si "On se fait un toile" était un mot retrouver dans la chambre d'une personne disparue ? L'enquête tournerait autour de ce mot... Elle serait en fait partie participer au Téléthon... Oui mais pourquoi ? Ou alors... Non... Quel serait l'enjeu avant la chute ? Compliqué... on en fera pas 3 minutes. 

Science-Fiction : Dans un monde parallèle où le don est interdit... "On se fait une toile" devient un code pour indiquer que l'on va faire un don. Comme une résistance... Oui mais pourquoi le don serait-il interdit ? Ça pourrait être mal interprété... ce n’est pas très optimiste, je sais pas si ça représente vraiment les valeurs du Téléthon... Oui c’est vrai en plus ce sera court pour expliquer tout ce contexte et trouver une histoire à articuler autour ? Ok on passe.

Road-Movie : Bon clairement ce n’est pas le genre que je choisirais…ça ne nous inspire pas des masses. Et si on filmait le cheminement de quelqu’un qui va faire un don ? On suit tout son parcours et en chemin il rencontrerait des obstacles, des tentations, des gens qui lui proposent d’aller boire un verre ? D’aller se faire une toile ? Des tentations pour le détourner du don ? Ouais ce n’est pas mal finalement. En plus y a de quoi faire à Nantes, en termes d’endroit sympa à filmer !

Le Road-movie finit par nous convaincre et on s’arrête sur ce genre. Les idées fusent. Si on choisissait différents moyens de transport successifs pour marquer l’aspect « périple » ? On pourrait faire passer le personnage par les plus beaux spots de la ville et les tentations se présenteraient sous différentes formes. On verrait un personnage très libre au premier abord qui hésiterait face aux obstacles et finirait par reprendre le droit chemin du don. Il accélèrerait à la fin pour montrer l’urgence de la situation, que le don n’attend pas et que la recherche pour le Téléthon presse.

 

10 Novembre 2017 – 22h 

Rédaction du Scénario, croquis de quelques scènes qui nous imaginons, listes des endroits où nous souhaitons tourner. L’île de Versailles, le pont St-Mihiel, le jardin des plantes, rue Paul-Nizan, la passage Pommeray, rue Corneille… Bon nous n’aurons pas le temps de tout faire mais au moins on a de la matière. On organise le planning du lendemain, on prend le temps de regarder un petit « Bridget Jones » pour la motivation, et hop au dodo !

 

11 Novembre 2017 – 9h 

Une bonne nuit de sommeil et un (ou deux) café plus tard, nous sommes prêtes à attaquer. On retravaille la trame, on change quelques détails du parcours de tournage et on termine le story-board. Une question reste en suspens : qui jouera le rôle principal (et unique) de notre scénario ? N’ayant pas d’acteurs ou d’actrices sous la main, on décide d’un commun accord qu’Alice sera notre vedette. Réflexe sous le bras et IPhone en poche, nous voilà partis. On démarre le tournage par un scène-hommage à Xavier Dolan. Alice a un caddy chez elle et nous décidons de reproduire la scène du parking dans Mummy, en bas de son immeuble. On verra plus tard, ce que ça donne et ce que l’on en fait.

 

15h

Un saut chez Capucine pour récupérer un vélo et…Action !

Pont de St Mihiel, Alice déambule en vélo. La lumière, les couleurs, avec sa parka jaune, c’est génial ! Un coup sur le pont, un coup en dessous, on avance jusqu’à l’île de Versailles. Avec Capucine, chacune filme sous un angle différent avec l’un ou l’autre des appareils pour avoir le choix dans les plans. On se sent comme des pros… « Vas-y refait là, tu recules de deux pas, tu tournes un peu la tête vers nous… Non non pas trop ! ». On s’éclate. On ajoute chacune un détail, une idée en chemin. On passe par les quartiers de Bouffay, une fois la nuit tombée. On imagine un plan devant une vitrine de Noël et tranquillement nous arrivons aux pieds du Passage Pommeray. Le tournage se complique, il y a beaucoup de monde, mais nous décidons de jouer avec cet obstacle et de tourner une scène où le personnage est perdu au milieu de la foule au cœur du Passage Pommeray afin d’imager ses hésitations.

20H30

Retour chez Alice. Les images sont chargées et nous commençons à regarder la centaine de rush que nous avons tourné dans la journée. Beaucoup de beaux plans, mais il nous fait faire des choix. On trie puis l’on monte les rushs par scène. Une fois l’ensemble des scènes remplies, nous récapitulons pour savoir quels passages de notre scénario nous manquent. Une scène sur les rails au lever du soleil, la scène de départ et la fin du scénario devant le cinéma du Katorza. Réveil programmé pour le lendemain à 6h45 afin de pouvoir filmer le lever du soleil. Debout avant 7h un dimanche matin… ça va être dur. Il est grand temps d’aller se coucher.

 

Dimanche 12 Novembre – 7h20

C’est la course ! Nous voilà entrain courir après le soleil pour arriver à temps sur les rails placées derrières notre école. Heureusement, on arrive à temps, moins heureusement, le ciel est extrêmement couvert et le rendu n’est pas celui qu’on attendait. On tourne néanmoins quelques scènes et nous verrons une fois rentrées ce que l’on en fera. On enchaine. Rendez-vous rue Corneille pour tourner la conclusion de notre histoire. La boîte représentant notre don est prête. Alice aussi. Elle ne recule devant rien et accepte même de tirer sur une cigarette pour reproduire l’effet d’une matinée très froide. On termine devant la nouvelle fresque du Katorza et ça y est c’est dans la boîte. Mais l’urgence se fait sentir, il reste encore beaucoup à faire et peu de temps pour terminer tout le montage de notre film.

 

11h

Une fois rentrées, nous visionnons les images tournées le matin même. De nouveau, beaucoup de tri, de sélection. Nous arrivons à presque deux heures de rushs pour pas plus de 3 min de vidéo ! On commence le montage. On coupe, on rallonge, on déforme, on décale, retour en arrière, nous ne sommes pas d’accord sur tous les plans. Il faut faire des choix. Le temps file et le stress monte. Le rendu est avant 20h et nous ne sommes pas au bout de nos peines. On se relais sur Final Cut Pro, on teste, on recommence, on inverse les plans.

 

15h

Il nous reste encore toute la fin de la vidéo à monter. Trouver une musique. Ajouter les voix-off en post production. Ça se complique. La musique c’est une galère. Tout au long du week-end nous avons travaillé en musique et notre playlist se calait parfaitement sur nos images. Problème : ces titres ne sont pas libres de droit. Nous partons donc à la recherche d’une musique utilisable mais rien ne nous convient. On essaye beaucoup de choses différentes. On finit par tomber d’accord sur une thématique musicale dynamique et légèrement électro. Ce n’est pas ce que nous avions imaginé au départ mais tant pis.

 

18h45

Enregistrement des voix-off, ajout du titre de présentation, du générique et bim ! Notre court métrage est terminé. Dernier visionnage. Aller, il est grand temps d’envoyer.

 

19h15

Alerte ! L’envoi s’effectue en WeTransfer mais le wifi d’Alice ne fonctionne pas et nous sommes en partage de connexion… Le transfert est en cours mais indique 2h d’attente. Nous ne serons jamais dans les temsp. C’est la panique. Avec Capucine n’y tenant plus nous sortons fumer. Mais à mi-cigarette, on entend le cri d’Alice. Ça y est, le téléchargement est terminé ! La vidéo est partie ! Explosion de joie, saut de cabri et toute la pression s’efface. On éclate de rire, on débrief, on ne sait pas ce que ça va donner mais on est fière de nous.

Mission accomplie : nous avons réussi à réaliser un court-métrage en 3 jours !

Une expérience riche en émotion et très enrichissante, qui nous a permis de devenir cinéaste le temps d’un week-end. Je sais bien ce que vous vous demandez maintenant, l’important c’est de savoir si on a été sélectionné… Eh bien non. Il semble que notre œuvre n’est pas réussi à trouver sa place dans la sélection. Mais nous sommes fières de notre coup d’essai et nous ne perdons pas espoir de renouveler l’expérience. Pour ça rendez-vous l’année prochaine...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *