5 – My Own Private Idaho

Keanu Reeves et River Phoenix, Crédit Photo: New Line Cinema, Gus Van SantKeanu Reeves et River Phoenix, Crédit Photo: New Line Cinema, Gus Van Sant

Sorti en 1992, ce très beau film de Gus Van Sant évoque l’histoire de deux adolescents homosexuels de Portland. Mike et Scott (joué par Keanu Reeves) font partie d’une jeunesse américaine jusqu’alors jamais vu au cinéma, ils se droguent, se prostituent et incarnent une marginalité fascinante.

4 – Elephant

John Robinson dans Elephant, Crédit Photo: HBO Films, Gus Van SantJohn Robinson dans Elephant, Crédit Photo: HBO Films, Gus Van Sant

Toujours Gus Van Sant, il sort Elephant en 2003 pour lequel il remporte la Palme d’Or au festival de Cannes. Film-choc, il fait revivre le drame de la tuerie de Columbine. A travers la journée de différents lycéens: sportifs ou geeks, stars du lycée ou exclus, Gus Van Sant dévoile une jeunesse hétérogène qui va se retrouver lier par un drame. Film au dispositif pesant (longs travellings avants suivant les personnages) mais captivant, il traite subtilement de l’indifférence et du mal-être adolescent.

3 – Kids

Crédit Photo: Warner Bros. et First National Pictures

Crédit Photo: Warner Bros. et First National Pictures

En 1995, le réalisateur controversé Larry Clark sort son premier film. A la base photographe, l’artiste américain est depuis toujours fasciné par la jeunesse: son energie, sa beauté, sa violence. Un thème qu’il déclinera par la suite dans toute sa filmographie. Dans Kids, il dévoile une jeunesse new-yorkaise dévergondée à l’heure du VIH. Entre drogues, skate et sexe non protégé: une plongée terrifiante dans le vestiaire des adolescents.

2 – Mysterious Skin

Brady Corbet et Joseph Gordon-Levitt dans Mysterious Skin, Crédit Photo: Antidote Films et Desperate Pictures, Gregg Araki

Brady Corbet et Joseph Gordon-Levitt dans Mysterious Skin, Crédit Photo: Antidote Films et Desperate Pictures, Gregg Araki

Sorti en 2005 et réalisé par Gregg Araki, Mysterious Skin suit le parcours de deux jeunes garçons que tout oppose. L’un, Brian, adolescent introverti, est obsédé par un mystère de son enfance qu’il n’arrive pas à résoudre. Enfant, il s’est réveillé le nez en sang dans sa cave sans se rappeler ce qui lui est arrivé. Il est depuis convaincu d’avoir été enlevé par des extra-terrestres. Neil, lui, est un paumé magnifique, un adolescent insouciant dont les filles comme les garçons tombent amoureux mais qui ne s’attache à personne. Leurs vies sont opposées mais ils sont pourtant liés par un lourd secret. Dans une mise en scène pop et onirique, Araki traite avec justesse du poids de l’enfance. Il aborde des sujets lourds tel que la pédophilie sans jamais tomber dans le sordide.

1 – Gummo

Jacob Reynolds et Nick Sutton dans Gummo, Crédit Photo: Fine Line Features, Harmony Korine

Jacob Reynolds et Nick Sutton dans Gummo, Crédit Photo: Fine Line Features, Harmony Korine

Enfin, à la première place, le chef-d’oeuvre d’Harmony Korine (portrait du monsieur ici) sorti en 1997: Gummo. Xenia dans l’Ohio, une ville perdue qui ne s’est jamais remise de la tornade qui l’a ravagée il y a vingt ans. Dans ce décor apocalyptique, Korine dépeint une Amérique désœuvrée à travers une série de scènes et situations mêlant poésie et réalisme sordide. Deux jeunes garçons, des gueules cassées, viennent rythmer et habiter cette fresque cinématographique donnant ainsi une humanité à ce monde déchu.