Harmony Korine. Crédit Photo: www.harmony-korine.com

Harmony Korine. Crédit Photo: www.harmony-korine.com

Tu es… Harmony Korine. Tu es l’un des cinéastes les plus passionnants de ces dernières années. Tu es à l’origine de toutes sortes de réalisations: du poético-trash Gummo au clip « Needed Me » de Rihanna. Tu navigues habilement entre les petits films indés et les super-productions hollywoodiennes. Ton oeuvre et ton parcours sont atypiques. Tu es… Harmony Korine.

Tu es le fils du documentariste Sol Korine. Tu as grandi dans l’Amérique profonde de Nashville (Tennessee) qui t’inspirera tes premières œuvres. Jeune, tu te passionnes pour le cinéma de Godard, Fassbinder et Cassavetes. Tu pars à New York où tu passes ton temps à faire du skate à Washington Square Park. Tu y rencontres Larry Clark qui te propose d’écrire un scénario.

Ce scénario, c’est celui du film Kids sorti en 1995. Une plongée glaçante dans le quotidien d’adolescents new-yorkais, entre skate, drogues et MST. Ce film révèle littéralement Larry Clark et reste encore à ce jour son meilleur avec Ken Park. Ken Park dont le scénario est signé de… toi Harmony Korine.

En 1997, tu réalises ton premier long-métrage Gummo. Une véritable révélation. Dans une ville perdue de l’Ohio, tu dépeins une Amérique marginale, paumée, à la fois horrible et touchante. Alternant brutalité réaliste et échappées poétiques, ce film bordélique et plein d’énergie reste ton chef-d’oeuvre.

Tu réalises ensuite Julien Donkey-Boy en 1999. A la suite de ce film tu traverseras une période de crise personnelle qui te fera quitter le cinéma pendant un moment. De retour en 2007 avec Mister Lonely, tu enchaîneras les longs et les courts-métrages, gardant ta patte de réalisateur indé.

En 2013, tu marques un tournant fracassant dans ta carrière avec Spring Breakers. Vendu comme un film d’adolescent sauce spring break (Projet X à la plage) avec à l’affiche les pop-stars Vanessa Hudgens et Selena Gomez et l’acteur James Franco, le film déconcerte et rate sa cible commerciale. Peu importe, il n’en reste pas moins un objet pop fascinant, une virée hallucinée dans la frénésie des spring breaks de la côte ouest américaine, entre ultra-violence et hyper-sexualisation.

James Franco dans le film Spring Breakers. Crédit Photo: AP Photo/A24 Films, Michael Muller

James Franco dans le film Spring Breakers. Crédit Photo: AP Photo/A24 Films, Michael Muller

Hors du cinéma, tu t’intéresses à toute sorte de choses (et c’est aussi pour ça qu’on t’aime). On te sait amateur de hip-hop et ami de certains rappeurs. Tu as réalisé le très beau clip de Rihanna Needed Me où on retrouve avec plaisir ta veine Spring Breakers. Tout récemment, tu apparais au côté du rappeur-star d’Atlanta Gucci Mane (que tu avais fait joué dans Spring Breakers dans un rôle de gangster taillé sur-mesure) et de son acolyte Travi$ Scott dans le clip chaud-froid de Last Time.

Décidément Harmony, tu sais toujours nous surprendre et il nous tarde de découvrir ton prochain projet nommé The Trap prévu pour 2017 avec une floppée de stars à l’affiche: Al Pacino, Benicio Del Toro, Robert Pattinson et Gucci Mane (encore lui).