The Neon Demon : le néon final?

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Elle Fanning dans The Neon Demon, Crédit Photo: Gaumont Film Company, Wild Bunch, Nicolas Winding Refn

Chacun y trouvera son compte. Avec The Neon Demon, NWR comme il se signe lui-même (oui, le mec ne se prend pas pour de la m****), ne risque ni de décevoir ses fans ni de charmer ses détracteurs.

Dans la continuation de son précédent film, le très critiqué (et même sifflé à Cannes) Only God Forgives, Winding Refn se laisse totalement aller à ce qui a fait son style et sa renommée : violence, image léchée à l’extrême, scénario et dialogues épurés et personnages iconiques.

Quelle horreur?

La véritable singularité de ce film dans la filmographie du danois est de s’écarter totalement des codes du thriller qui l’ont fait connaitre pour tendre vers le cinéma d’horreur. Si on avait déjà vu ce que Nicolas (oui, je l’appelle Nicolas) pouvait donner en terme d’horreur avec des scènes particulièrement salées comme celle du découpage de corps dans Pusher III, on ne s’était jamais aventuré avec lui en dehors des histoires de gangs et de malfrats.

Dans The Neon Demon, il parvient à déplacer son cinéma dans le décor feutré des défilés de mode et à remplacer la violence directe des poings et des flingues à celle plus indirecte de la concurrence entre mannequins. Plus que la violence, il dévoile la monstruosité du monde de la mode à travers pléthore de métaphores et références, parfois un peu lourde.

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Elle Fanning dans The Neon Demon, Crédit Photo: Gaumont Film Company, Wild Bunch, Nicolas Winding Refn

Séduisant malgré tout

Alors oui, le fait que l’univers de la mode est monstrueux n’est pas un scoop. Oui, Winding Refn s’enfonce encore un peu plus dans une suresthétisation presque indigeste. Oui, on peut regretter les Pusher quand on voit ce film mais bon dieu! Ce que c’est beau quand même! Et la succession d’images à couper le souffle sur une BO génialissime de Cliff Martinez ne peut laisser totalement indifférent.

La seule question qu’il me reste à poser est celle-ci: jusqu’à quand le cinéaste-star arrivera-t-il à me convaincre? Si certains ont déjà décidé de lui tourner le dos, je dois bien admettre que, pour ma part, ce dernier film résiste encore à l’agacement général que suscite le réalisateur de Drive, jugé (peut-être à raison) mégalo et caricatural.