Her: Virtual love

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Joaquin Phoenix dans Her, Crédit Photo: Annapurna Pictures, Spike Jonze

Spike Jonze, le réalisateur du classique Dans la peau de John Malkovich, sortait Her en 2013. L’histoire d’un homme sensible, superbement interprété par Joaquin Phoenix, blessé par une rupture qui tente l’expérience d’une relation avec une intelligence artificielle. Au départ sceptique, il s’abandonne de plus en plus à cet amour étrange.

Her, c’est une histoire d’amour comme on en voit très rarement au cinéma. Celle de Theodore Twombly, un homme ordinaire, discret et fragile, avec Samantha, une intelligence artificielle à la voix sensuelle (normal, c’est celle de Scarlett Johansson).

Amour artificiel

Troublant. Voilà ce qui, à mon sens, qualifie le plus exactement le film de Spike Jonze. Oscillant entre la science-fiction et le drame amoureux, ce film nous questionne sur de nombreux sujets : l’influence de la technologie sur les rapports humains, les relations entre l’homme et la machine, la réalité des sentiments amoureux…

Frôlant parfois le malaise, Her ne tombe jamais dans le ridicule car il offre une histoire d’amour délicate et originale. Mais la grande question que porte le film est celle du Réel : Qu’est-ce  que le réel ? Où est le vrai dans un monde où il existe des sociétés pour rédiger de fausses lettres d’amour manuscrites ? Où est le réel dans une société où les êtres humains ne communiquent plus qu’avec des machines ? Où est le vrai lorsque des intelligences artificielles semblent ressentir l’amour ?

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Joaquin Phoenix et Olivia Wilde dans Her, Crédit Photo: Annapurna Pictures, Spike Jonze

Plus qu’une science-fiction

Avec une mise en scène à la fois discrète et efficace, Spike Jonze dessine un futur loin des clichés de science-fiction. Ce film ne se contente pas de questionner la place des nouvelles technologies dans nos sociétés comme le fait très bien une série comme Black Mirror. Il parle beaucoup plus directement de notre époque et de la solitude qui l’habite à travers les souffrances et les questionnements de son personnage, touchant de candeur.