Ennui profond

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Shanyn Leigh et Willem Dafoe dans 4h44, dernier jour sur terre, Crédit Photo: Wild Bunch Production, Abel Ferrara

Dans un futur proche, la Terre explosera du fait de la dégradation de la couche d’ozone. Dans ce contexte, Cisco et Skye, un couple New Yorkais, s’apprêtent à passer leur dernier journée ensemble. L’occasion de faire le tour de leurs vies, de faire leurs adieux à leurs proches et de s’enlacer une dernière fois.

Partant d’une idée simple et mille fois traitée : la fin du monde, Abel Ferrara la traite sous l’angle de la dernière journée d’un homme ordinaire, pris entre ses regrets, ses envies et l’amour qu’il semble porter à sa compagne.

Calme plat

Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une fin du monde il ne se passe pas grand-chose. Nous suivons le personnage de Cisco, joué par Willem Dafoe, dans l’espoir qu’il lui arrive quelque chose ou qu’il décide de faire quelque chose d’un tant soit peu excitant.

Au final, rien. On s’ennuie du début à la fin. Le film se noie dans le vide de ses personnages et de son discours moraliste un peu facile sur la culpabilité de l’humanité quant à la fin du monde. Cisco ne succombe même pas l’envie d’un dernier fix d’héro pour quitter ce monde, ce qui aurait au moins fait une fin un peu osé et amusante.

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Shanyn Leigh et Willem Dafoe dans 4h44, dernier jour sur terre, Crédit Photo: Wild Bunch Production, Abel Ferrara

La fin d’une époque

On comprend que Ferrara a voulu nous faire saisir la résignation et le besoin pathologique de connexion qui caractérise notre époque. Le monde marche vers sa fin imminente mais la vie continue sans accrocs: la télévision continue d’émettre et les restaurants sont ouverts. A notre époque, le besoin le plus vital lorsque la fin approche n’est ni de se nourrir ou de se mettre à l’abri mais bien de se connecter, de joindre ses proches sur Skype pour une dernière conversation.

Même si Ferrara a sur ces points très bien compris la réalité de notre monde, cela ne suffit pas à rendre son film palpitant. Et finalement de ce film, on ne retiendra qu’un sermon écologique usé et quelques scènes de sexe très timides.